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Les 6 dimensions émotionnelles

25 mai 2020

L’émotion imprègne tout ce que nous faisons. Lorsque nous ressentons des émotions cela change nos perceptions et nos pensées. Quand l’émotion est positive, elle nous dynamise, nous sommes plus à même de nous concentrer, d’apprécier ce que nous faisons et persévérer. C’est pour cette raison qu’expliquer les fondements neuronaux des émotions est important.
L’intelligence émotionnelle a 6 dimensions d’après le Dr Davidson, neuropsychologue. Chercheur qui a consacré sa carrière à mettre au jour le fonctionnement biologique de nos émotions. Ces dimensions ne sont pas une classification comme on peut en trouver dans les magazines mais sont basés sur l’analyse neurologique des mécanismes qui les détermines.

Je vais vous détailler ces 6 dimensions dans cet article. Je pense qu’il est important de prendre conscience d’où on se situe dans chaque dimension. C’est la première étape, les suivantes sont de l’accepter et de se transformer si nécessaire.
Dans cet article, j’utilise des exemples situés aux extrémités de chaque continuum afin que vous compreniez bien ces différentes dimensions. Mais, en général, on ne se situe pas à ses extrémités mais dans l’entre deux.
Je vous invite à imaginer chacune des dimensions que je vais détailler comme des continuums. Chacun et chacune de vous se situent à un endroit différent sur le continuum selon chaque dimension.
Notre positionnement dans la dimension émotionnelle peut être à l’une ou l’autre des extrémités ou bien entre les deux. Par exemple une personne peut être très résiliente mais avoir une sensibilité au contexte moyenne.

A partir de sa place dans chaque dimension, nous en concevons notre profil émotionnel. Chacun a son propre profil émotionnel tiré de ses différentes places dans chaque dimension.
Cependant notre capacité pour telle ou telle dimension n’est pas écrite dans la pierre. Nous pouvons évoluer et changer nos circuits neuronaux. Et c’est une bonne nouvelle !

La perspective

Positive double flèche Négative

La perspective, c’est la persistance des émotions positives. Vous laissez vous assombrir votre vision radieuse de la vie rarement ? Souvent ? Conservez-vous toujours de l’implication quand les choses ne tournent pas comme vous l’espérez ? ou bien vous avez une tendance au pessimisme et au cynisme ? Avez-vous du mal à voir les choses positives ?
D’un côté du continuum se trouvent les personnes positives et de l’autre les personnes négatives. Cette dimension est très liée à une autre dimension : la résilience.
Par exemple une personne avec une perspective négative sera sujet à la dépression plus facilement. Attention : les personnes situées du côté négatif de cette dimension ne sont pas constamment négatives. Ils et elles ressentent la joie et le bonheur, cependant la durée de ces émotions positives est bien plus courte qu’une personne du versant positif. C’est une différence de quantité et non de qualité. L’émotion positive passe beaucoup plus vite pour une personne avec une perspective négative tandis qu’une personne positive pourra la faire durer des heures.
Une faible activité dans le striatum ventral due à une moindre émission de signaux dans le cortex préfrontal, est la marque neurologique d’une perspective négative.

Comment changer votre perspective ? quand vous vous trouvez dans une situation ou la récompense est immédiate mais que vous savez que qu’un choix plus malin, plus sûr, plus sain, meilleur, est d’attendre une récompense ultérieure et supérieure, prenez le temps de vous focaliser sur cette récompense à venir plus tard. Une autre façon pour devenir plus positif est de se concentrer sur la gratitude que vous ressentez, sur les qualités des personnes autour de vous et de les nommer consciemment.
Pour au contraire avoir une perspective plus négative, vous pouvez penser plus souvent aux conséquences négatives de vos choix (ou allumer la télévision et écouter la radio).
La méditation en pleine conscience ainsi qu’une psychothérapie permettent de rediriger nos pensées et nos émotions en réduisant l’activité dans le cortex cérébral droit et en la relocalisant dans le cortex gauche. Plus vos pensées prennent la voix d’une moindre anxiété, plus la résilience augmente, plus votre perspective est positive.

tout ira bien

La résilience

Rapide à récupérer double flèche Lent à récupérer

C’est la vitesse à laquelle vous surmontez les difficultés. Face au stress, à un défi émotionnel, à une difficulté : Vous vous écroulez ? Vous vous angoissez ? Vous déprimez ? Ou bien vous tenez bon et aller jusqu’à en tirer profit ? Une dispute plombe t’elle toute votre journée ou vous passez rapidement à autre chose ? D’un côté du continuum se trouvent les personnes rapides à récupérer de l’autre les personnes lentes à récupérer. Être lent à récupérer peut mener à la dépression par exemple.
La résilience se caractérise par une activation du cortex préfrontal plus forte à gauche qu’à droite (jusqu’à 30 fois supérieure). Elle se caractérise aussi par la présence de plus de substance blanche entre le cortex préfrontal et l’amygdale (la substance blanche permet un meilleur passage de l’information).

Comment changer sa rapidité à récupérer ou sa lenteur à récupérer ? Au premier abord, il parait étrange de vouloir être plus lent à récupérer mais si vous passez trop rapidement d’une chose à une autre, vous n’avez pas une vie émotionnelle saine. Cela peut vous empêcher de ressentir de l’empathie par exemple.
Le fait d’être trop lent à récupérer au contraire peut mener à la dépression et a un tempérament pessimiste.

La méditation de pleine conscience a fait ses preuves pour permettre de récupérer plus vite à la suite d’un événement stressant. Elle favorise ce qu’on appelle l’équanimité (égalité d’humeur). La pleine conscience, tout comme une psychothérapie, enseigne à l’esprit de nouvelles façons de réagir à l’expérience et aux pensées. Avant vous vous sentiez paniqué en pensant ce que vous deviez faire le lendemain et vous sentiez dépassé par cette émotion, maintenant vos pensées sont envoyées vers un nouveau canal. Quand le sentiment de panique apparaît vous le considérez avec objectivité, vous prenez du recul et vous le laissez passer. Vous ne le laissez pas s’emparer de votre cerveau.

cerveau émotif

La conscience de soi

Conscient de soi double flèche Opaque à soi

La conscience de soi, c’est la faculté de percevoir les sensations corporelles qui peuvent refléter les émotions ou des signaux corporels. Certaines personnes ont une connaissance de leurs émotions et de leur corps que les autres n’imaginent pas possibles.
Etes-vous conscient de vos propres pensées et sentiments, êtes-vous à l’écoute des messages que votre corps envoi ? Vous agissez sans savoir pourquoi parce que votre intérieur vous est opaque ? Lorsque vous êtes jaloux, anxieux, impatient, le savez-vous ? vous livrez vous à une introspection ?
D’un côté du continuum se trouvent les personnes conscientes à elles-mêmes et de l’autre les personnes opaques à elles-mêmes. Les personnes opaques à elles-mêmes ignorent ce qu’il se passe en elles, Elles sont incapables de percevoir correctement leurs états internes.

Les sièges neurologiques de la conscience de soi se trouvent dans l’insula et le cortex somato-sensoriel. Plus l’insula est active, plus la personne a conscience de ce qu’il se passe dans son corps physique et émotionnel. Les personnes avec un niveau très élevée d’activation de l’insula peuvent être hypocondriaque car ressentent tout ce qu’il se passe dans leur corps et le surinterprètent.

Toutes les formes de méditation ainsi qu’une psychothérapie peuvent aider pour avoir une meilleure conscience de soi et dans le même temps aider à avoir une moins bonne conscience de soi.
Je m’explique : la méditation pleine conscience  nous habitue à observer nos pensées, nos sentiments et nos sensations sans les juger. Ainsi, on sait ce qui nous traverse, mais nous ne le jugeons pas et nous passons à la sensation suivante. Autrement dit, la méditation a un effet régulateur sur l’esprit.
La psychothérapie quant à elle, va permettre d’accueillir nos émotions afin de les d’affiner. Nous pouvons ensuite comprendre leurs raisons d’être et notre fonctionnement. Ce qui est la première étape pour évoluer et changer.

L’intuition sociale

Socialement intuitif double flèche Socialement perplexe

L’intuition sociale, c’est la capacité à repérer les signaux sociaux envoyés par l’entourage. Certaines personnes interprètent sans peine le langage corporel alors que pour d’autres les signes non verbaux sont une langue étrangère.
Savez-vous déchiffrer le langage des corps et le ton des voix ? en déduire si votre interlocuteur veux vous parler ou rester seul ? s’il est stressé ou à l’aise ? ou bien vous restez perplexe ou même aveugle, face aux signes extérieurs de l’état émotionnel et mental d’autrui ?
D’un côté du continuum se trouvent les personnes socialement intuitives et de l’autre se trouvent les personnes socialement perplexes. Les personnes perplexes à l’extrême peux représentées par des personnes autistes (l’autisme à des causes neurologiques prouvées, j’utilise cet exemple pour que vous puissiez comprendre). Elles n’arrivent pas à comprendre et analyser les relations sociales. Le manque d’intuition sociale est dû à un fort niveau d’activation de l’amygdale (créant de l’inconfort et de l’angoisse) dans un contexte de relation sociale. Ce qui pousse la personne à se détourner de cette relation pour éviter l’inconfort.

Afin de changer votre intuition sociale vers plus d’intuition, vous pouvez être plus attentif aux indices sociaux, surtout les plus subtils (regarder dans les yeux, écouter le ton de la voix, le langage du corps, l’expression du visage) et aussi grâce à la Méditation de compassion et de pleine conscience.
Si au contraire vous êtes débordés par les signaux émis par les gens autour de vous et avez tendance à vous perdre dans les signaux des autres, vous pouvez éviter de regarder les gens dans les yeux et être globalement moins attentifs aux indices sociaux. De même, une psychothérapie peut vous aider à gérer cette empathie exacerbée ou le manque d’intuition sociale.

réseaux social

La sensibilité au contexte

Connecté au contexte double flèche Déconnecté au contexte

La sensibilité au contexte, c’est l’art d’adapter vos comportements au contexte. Etes-vous assez au fait des normes sociales pour ne pas faire les mêmes blagues à vos ami-e-s qu’à votre patron ? Etes-vous le premier surpris quand on vous fait remarquer que votre comportement est incorrect ?
D’un côté du continuum se trouvent les personnes connectées au contexte et de l’autre les personnes déconnectées au contexte. Être déconnecté au contexte peut amener à confondre une situation familière et sans danger avec une situation nouvelle et potentiellement menaçante. C’est ce qu’il se passe chez les personnes atteintes de stress post traumatique par exemple.
L’hippocampe est le siège de cette dimension. Une personne liée au contexte aura un hippocampe hyperactif (inhibant ainsi la spontanéité émotionnelle) tandis qu’une personne déconnectée au contexte aura un hippocampe peu actif. Être trop connecté au contexte peut aussi vous faire perdre de vue votre véritable personnalité et constamment adapter votre comportement en fonction des circonstances et des autres.

Il existe pour le moment assez peu de recherches sur la manière de changer la sensibilité au contexte. On peut se pencher vers les thérapies en lien avec le syndrome de stress post traumatique. On peut aussi imaginer qu’en renforçant la conscience de soi, on peut réguler nos réponses émotionnelles afin qu’elles ne soient plus aussi affectées par le contexte extérieur.

L’attention

Concentré double flèche Non-concentré

L’attention c’est la capacité de se concentrer avec clarté et précision.

Etes-vous capable d’écarter les interférences émotionnelles et distractions afin de rester concentré ? Vous arrive-t-il d’oublier ce que vous faites pour repenser à une dispute que vous avez eu le matin même ou pour vous angoisser à l’idée de la présentation que vous allez devoir faire ?
D’un côté du continuum vous êtes concentré, de l’autre vous êtes non-concentré. Il y a deux styles de concentration : l’attention sélective (décision consciente de se concentrer sur certaines caractéristiques de l’environnement et d’en ignorer d’autre) et la conscience ouverte (capacité à accueillir les signaux de l’environnement externe ainsi que les pensées et les sentiments qui surgissent). C’est le cortex préfrontal qui est en action lors de la régulation de l’attention sélective.

L’entrainement mental tel que la méditation permet de transformer les bases neuronales de l’attention en minimisant l’activation de zones sans pertinence pour l’objet de l’attention. La méditation aide l’esprit à réduire les bruits de fond et à se concentrer sur les informations utiles. La méditation de surveillance ouverte, quant à elle, vous aidera à être moins concentré et à percevoir ce qu’il se passe autour de vous.

J’ai terminé ce bref exposé des différentes dimensions émotionnelles. Chacun d’entre nous avons une place dans ces dimensions. L’ensemble de nos places dans ces dimensions s’appelle le style émotionnel. Il est important de savoir quelle place nous avons et si cela nous convient. Selon nos capacités émotionnelles, la qualité de vie peut être affectée drastiquement. Vous pouvez aussi retenir qu’une psychothérapie ainsi que différentes formes de méditations peuvent aider à améliorer certaines de ces dimensions, dans un sens ou dans l’autre.

Bibliographie : livre « les profils émotionnels » du Pr Richard Davidson