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Guide de survie au supermarché

5 mai 2021

Vous vous êtes déjà demandé comment ne pas se faire avoir pas nos biais cognitifs dans un supermarché ? Si oui, c’est l’article qu’il vous faut !

La charge cognitive

Nous vivons dans une société où nous avons du choix en matière d’alimentation, beaucoup de choix. Pour prendre une simple sauce tomate, un rayon entier est à notre disposition, avec différentes compositions, différents prix, différents procédés de transformation, différents packagings… Cette diversité de choix peut paraitre une bonne chose, car nous avons une liberté de décision, mais dans le même temps, cela augmente le nombre d’information à traiter. C’est ce que l’on appelle la charge cognitive.
Selon les priorités que l’on donne à l’alimentation, notre intérêt ne va pas aller sur les mêmes choses : prix, procédés d’agriculture (bio ou non, OGM ou non, par exemple), provenance des aliments, degré de transformation, impact sur la santé, marques … Mais encore faut-il savoir ce qui nous importe dans l’acte de se nourrir afin de filtrer au mieux toutes ces informations. Cela nécessite un travail sur nos valeurs afin de connaitre nos priorités. Elles peuvent évoluer au cours du temps et s’affiner.

Les stimulus supranormal

L’expression « stimulus supranormal » vient de l’éthologie (étude des comportements animaux). Elle est utilisée pour désigner un stimulus qui suscite une réaction plus forte qu’un stimulus naturel.

Des rats mis au « régimes cafeteria », c’est-à-dire, ayant accès à une nourriture variée et agréable, se suralimentent et sont rendus obèses en quelques semaines. Les rats d’une même lignée disposant aussi en permanence d’une nourriture agréable au gout mais peu variée mangent normalement et ne grossissent pas [1]

Nous observons un processus comparable chez l’être humain : la variété et la quantité de nourriture attractive, omniprésente dans notre société serait une des cause de l’obésité d’une proportion importante de la population. Cette omniprésence de choix délicieux est un stimulus supranormal. Un mécanisme hypothétique pour ces résultats est la satiété sensorielle spécifique, Nous sommes rassasiés pour un type d’aliment mais pas le suivant. Ce qui nous pousse à manger encore plus.

De plus, si l’obésité est d’avantage présente chez les Etats-Uniens que chez les Français, c’est en partie à cause des portions individuelles servies dans les restaurants par exemple. Elles sont plus grandes de 25% de l’autre côté de l’Atlantique [2].

Le marketing

Rajoutez à tout ce choix une odeur de gâteau ou même des messages nutritionnels (à priori neutres), et le choix se porte sur des produits plus caloriques que sans message, ni odeur [3]. Ces recherches récentes suggèrent que des stimuli non perçus attentivement peuvent influencer considérablement les choix alimentaires des consommateurs.
Donc, en plus de la charge cognitive fortement présente dans nos supermarchés, du choix énorme créant un stimulus supranormal, se rajoute tout le marketing olfactif, auditif et visuel à traiter.

faire un choix

Conseils pour vivre au mieux le moment des courses

  • Faire une liste (et s’y tenir !)
  • Savoir ce qui nous importe dans nos achats (prix, marques, procédés de fabrication, santé …) et une fois que l’on sait :
  • Avoir des habitudes en prenant toujours les mêmes produits.
  • Y aller après avoir mangé, sans avoir faim
  • Faire attention aux odeurs et aux messages publicitaires autour de nous
  • Si possible aller faire ses courses quand il n’y a pas beaucoup de monde
  • Avoir en tête que quand il y a du monde, nous sommes dans de moins bonnes conditions

Le savoir, c’est déjà reprendre le pouvoir, et mettre en place des actions pour lutter contre cette tendance à se faire avoir et à consommer des aliments que l’on ne souhaite pas vraiment.

Bibliographie :

[1] Raynor HA, Epstein LH. Dietary variety, energy regulation, and obesity. Psychol Bull. 2001 May;127(3):325-41. doi: 10.1037/0033-2909.127.3.325. PMID: 11393299.
[2] https://edibleschoolyard.org/sites/default/files/meaningfoodinlivesJNEB2005.pdf]
[3] Chambaron, S., Chisin, Q., Chabanet, C., Issanchou, S., & Brand, G. (2015). Impact of olfactory and auditory priming on the attraction to foods with high energy density. Appetite, 95, 74–80.