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Les émotions : les reconnaître et les accepter

2 novembre 2020

Les émotions ont longtemps été considérées comme le signe d’une vulnérabilité. Dans notre culture occidentale, nous opposons souvent la raison aux émotions, comme si l’une était le contraire de l’autre.  Nous savons maintenant avec les avancées en neuroscience que les émotions sont essentielles, elles sont présentes à chaque instant, et ne sont pas antinomiques de la logique. Le cerveau n’a pas de systèmes distincts pour différencier émotion et raisonnement. Les deux sont construits en même temps par les mêmes ensembles de réseaux travaillant en étroite collaboration.

Définition

Une émotion est un état d’être psychologique, physiologique et comportemental déclenché par un évènement. Une émotion est subjective, elle résulte de l’interprétation d’un vécu réel ou imaginaire.
Face à une même situation, deux personnes peuvent réagir de façon très différente. Les émotions sont donc un indicateur de nos perceptions des évènements, en lien avec nos croyances, nos pensées, nos besoins et nos valeurs. Elles nous permettent de réagir et d’évoluer.

Jean Cottraux psychiatre et psychothérapeute développe les 5 traits fondamentaux des émotions :

  • Subjectivité : elle traduit la façon dont on ressent la situation selon notre perspective (éducation, vécu, valeurs, besoins, personnalité …)
  • Elle a une fonction de survie : elle incite à 3 différents comportements généraux (la fuite, l’attaque ou la sidération)
  • Elle a des manifestations observables et mesurables : elle induit des changements physiologiques (respiration, rythme cardiaque, sécrétion d’hormones)
  • Elle est rapide : elle ne dure que quelques secondes ou minutes
  • Elle est au centre de la vie : elle est présente à tout moment

Au contraire d’une émotion, un sentiment sera un état affectif durable, il ne créé pas de changement physiologique remarquable. Un sentiment s’exprime donc au niveau cognitif et non physique.

Vous ressentez physiquement une émotion deux à trois minutes après le déclencheur et durant un bref moment. Les émotions sont momentanées.
Un sentiment est une représentation et justification que l’on se fait de nos émotions. Un sentiment nous met dans un état affectif durable. Il peut durer plusieurs minutes, voire des années après l’événement déclencheur.
Les émotions sont des réactions physiologiques que nous ne pouvons pas éliminer, mais que nous pouvons gérer grâce à une partie de notre cerveau. Les sentiments apparaissent lorsqu’on s’attache à nos pensées face à une situation. Ils dépendent de notre mental.
Pour développer ses compétences émotionnelles, plus communément appelée « intelligence émotionnelle », plusieurs habilités sont indispensables. Par exemple : bien reconnaître ses émotions, comprendre leurs messages et les accepter grâce à l’autocompassion.

La granularité émotionnelle

Bien reconnaître et bien nommer les émotions qui nous traversent se nomme la granularité émotionnelle. Cette compétence émotionnelle est en lien avec la dimension émotionnelle de la conscience de soi. J’ai explicité cette dimension émotionnelle dans l’article nommé : les 6 dimensions émotionnelles. La conscience de soi, c’est la faculté de percevoir les sensations qui peuvent refléter les émotions ou des signaux corporels.

La granularité émotionnelle est la capacité d’utiliser des mots différents pour décrire spécifiquement une variété d’émotions. Le concept a été développé par la psychologue américaine Lisa Feldman Barrett.

Lisa Feldman Barrett a montré avec différentes études l’importance d’avoir les bons mots pour nommer ses émotions, comme nous l’avons vu ci-dessus, les émotions sont en lien avec notre éducation, nos croyances, nos valeurs, nos besoins. Ce qui explique qu’une même activation physiologique, un même ressenti positif ou négatif peut faire référence à différentes émotions et différents besoins non remplis.

Comment améliorer sa granularité émotionnelle :

Chercher les bons mots :
Il faut éviter de nommer ces ressentis de façon trop vague tel que « je me sens mal » et se demander s’il n’y a pas une autre émotion en jeu et pourquoi vous vous sentez mal ? Est-ce par ce que vous vous sentez seul ? abandonné ? parce que vous êtes triste ? triste de quoi ? Demandez-vous aussi quel sont les activations physiologiques en lien avec cette émotion.  Restez ouvert sur ce qui pourrait émerger, Cela dans le but d’avoir une expérience du monde plus précise.
Apprendre de nouveaux concepts d’émotions :
Être curieux lorsqu’il s’agit des émotions, apprendre de nouveaux mots en lien avec les émotions et leur signification. En incorporant ces nouveaux concepts, le cerveau apprendra à les reconnaître plus facilement.

roue des émotions

Roue des émotions, Source : http://mentalfloss.com

L’autocompassion

L’autocompassion est un concept mis au point par la psychologue Kristin Neff qui consiste à changer notre dialogue intérieur critique en soutien de soi, compréhension et bienveillance. En d’autres termes, se traiter avec compassion. D’après le récit de Mme Neff, il y a trois composantes fondamentales dans l’autocompassion:

  1. La bonté envers soi-même, ce qui signifie que nous sommes doux et compréhensifs avec nous-mêmes plutôt que sévèrement critiques ; c’est l’amabilité de soi, le désir de se réconforter et de se calmer, et de soulager nos souffrances.
  2. Reconnaître notre humanité commune, se sentir connecté aux autres dans l’expérience de la vie plutôt que de nous sentir isolés et aliénés par notre souffrance; c’est la capacité de voir nos problèmes comme quelque chose que chaque être humain expérimente, ce qui est le cas.
  3. Accepter l’émotion en pleine conscience, ce qui signifie que nous sommes conscients de notre douleur ou de notre souffrance, mais la gardons en observation de façon la plus objective possible, plutôt que d’ignorer notre douleur ou de l’exagérer. La pleine conscience, c’est la capacité de remarquer et surtout d’accepter notre souffrance.

De nombreuses études ont montré des associations entre l’autocompassion et différents traits et circonstances positifs : moins d’anxiété, de dépression, de rumination, de perfectionnisme et de peur de l’échec.
Les personnes compatissantes reconnaissent plus facilement leurs émotions négatives, elles sont plus indulgentes avec elles-mêmes et les autres, ce qui permet d’accueillir toute la palette de leurs émotions.

Conclusion

Les émotions en elles-mêmes ne sont pas négatives, elles ne posent des problèmes que lorsqu’elles sont refoulées, mal définies, lorsqu’elles persistent pendant trop longtemps ou sont trop intenses. Nier nos émotions, les fuir ou les camoufler ne sont donc pas des réactions saines et participe à les empirer. Toutes les émotions sont utiles. C’est quand elles deviennent trop fortes en intensité ou trop longue qu’elles peuvent avoir un effet négatif sur notre santé mentale et physique.
Certaines émotions ou certains schémas cognitifs sont très difficiles à changer seul, par exemple, en cas de dépression, de stress post traumatique, de phobie ou de trouble de la personnalité. Le mieux est de se tourner vers un professionnel psychologue – psychothérapeute formé aux différentes prises en charge de ces troubles. Je propose ce type de prise en charge, vous pouvez prendre rendez-vous avec moi sur Docorga.

Bibliographie / pour aller plus loin :

Livres :

  • Les profils émotionnels du Pr Richard Davidson
  • L’intelligence émotionnelle – livre 1 et 2 – de Daniel Goleman
  • L’agilité émotionnelle du Dr Susan David
  • Je réinvente ma vie de Jeffrey.E.Young et Janet.S.Slosko

Quelques articles sur l’importance de reconnaître et de nommer précisément ses émotions :

Quelques articles en anglais sur les émotions et comment les réguler :

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